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LES PARTENARIATS PUBLIC-PRIVÉ POUR LA RECHERCHE
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Dans le contexte de la Présidence française de l’Union européenne, le Service Science et Technologie de la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européennes et le CLORA, en tant que concepteur du programme, ont organisé le 15 octobre 2008, un séminaire sur les partenariats public-privé dans le domaine de la recherche.
1. Travaux théoriques sur les PPP Partenariats publics privés pour la recherche en Europe : une vue d’ensemble des tendances et modalités
R. Veugelers considère cependant que le partenariat public – privé en science, phénomène émergent, restera limité par l’intérêt qu’en tirera chacun des partenaires. Les bénéfices d’un PPP sont le partage des risques, de la connaissance, des coûts y compris l’accès à des subventions pour le partenaire privé, la mobilité des chercheurs, l’accès aux réseaux. La rigidité des organismes de recherche, la faiblesse de la demande industrielle, les questions de PI, les intérêts divergents, et les intermédiaires en constituent les limites. Elle relève que les industries coopèrent avec le secteur académique lorsqu’il n’y a pas d’effet concurrentiel (étape très amont du marché) ou que les résultats sont incertains (partage du risque). R.Veugelers a conclu qu’une politique européenne en faveur d’un partenariat science – industrie devait être systémique (liée à la politique de l’innovation, avec pour effet d’augmenter l’investissement R&D, de l’offre scientifique à la demande industrielle) et principalement nationale. L’apport subsidiaire de l’Union européenne devrait consister à permettre l’échange de bonnes pratiques et à coordonner, à évaluer et établir des outils de mesure. L’UE pourrait stimuler l’aspect transnational des PPP en s’appuyant sur la palette des instruments existants (7ème PCRDT, CIP, EIT,…) et l’encadreement des aides d’Etat, et soutenir les initiatives locales grâce aux fonds structurels.
Jean-Luc GAFFARD a fait la démonstration qu’un PPP efficace en science est (1) un partenariat sur des innovations hétérogènes et complémentaires ; (2) un partenariat stable ; (3) un partenariat regroupant des entreprises complémentaires, mais en concurrence de coûts non recouvrables ; (4) un partenariat se concentrant sur le flux d'information et non pas sur la performance d’un des acteurs. Les politiques publiques doivent s’attacher à soutenir la stabilité des consortiums technologiques pour que les innovations conduites en commun profitent à tous les partenaires. Selon lui, l’enjeu du PPP en science est de permettre au secteur privé de mieux connaître le marché et de mettre en cohérence les investissements sur de larges zones géographiques et technologiques. Ce modèle reste encore à construire. Le modèle EIT ne le convainc pas vraiment car il ne se présente ni comme un consortium technologique, ni comme une institution de recherche technologique. Les initiatives technologiques conjointes sont selon lui un modèle intéressant aux conditions suivantes : les critères de sélection respectent bien la concurrence, la stabilité est garantie et des experts en sciences managériales et économiques sont consultés. Diaporama Article (pdf, 24 pages)
2. Partage d'expérience Quelques bonnes pratiques nationales
Partage des intérêts entre organisations publiques et entreprises en France
Dans le FP7, notre interlocuteur souligne l’échec des PPP, avec une faible participation des industriels. L’ANRT est impressionnée par les JTI, comme celle d’IMI créée autour d’industries pharmaceutiques et de grands organismes de recherche. La recherche publique investit alors sur des méthodes que les industriels exploiteront sans forcément de retour direct mais permettant la mise en place d’un socle de développement de la recherche. Aux Etats-Unis, le partenariat est basé sur la confiance et n’entraîne pas de retour sur investissement projet par projet mais globalement. Les PPP nationaux de recherche : panorama et enseignements
L’OCDE définit les PPPs selon plusieurs critères : (1) il s’agit d’un partenariat institutionnalisé, (2) dans lequel les autorités publiques sont partenaires (régions…). Ce partenariat doit reposer sur (3) des objectifs communs avec un intérêt public clairement identifié. Enfin, (4) il implique un engagement actif des deux composantes public/privé et l’investissement conjoint de ressources. Pour assurer un équilibre entre les intérêts publics et privés, l’OCDE identifie l’engagement à long terme des autorités publiques et de l’industrie, la constitution d’une masse critique, l’appui sur des réseaux existants et enfin, la mise en oeuvre de mécanismes de sélection et de suivi efficaces .. Sur la base des études de cas, L’OCDE a établi un ensemble de critères optimums relatifs : à la sélection des projets et des participants dans un PPP, au financement, à l’organisation et à la gestion du PPP, ainsi qu’à l’évaluation. L’intervenant a conclu en présentant les évolutions récentes constatées par l’OCDE : les PPPs ont su se hisser au sommet de l’agenda politique, les conditions cadres pour les PPPs se sont améliorées tandis que les formes des PPPs, leur gestion et, leur ingénierie financière ne cessent de se compliquer.
Les pôles de compétitivité français et leur évaluation
L’évaluation menée par les cabinets BCG et CMI de novembre 2007 à l’automne 2008 à partir d’un cahier des charges de la CIADT, visait à améliorer l’efficacité des mesures de soutien et à délimiter le périmètre pertinent des pôles à soutenir. 39 pôles sont classés dans le groupe 1 et ont atteint, selon les critères d’évaluation, les objectifs de la politique de pôles, 19 ont partiellement atteint ces objectifs et 13 nécessitent une reconfiguration. D’ores et déjà les pôles des deux premiers groupes voient leur label « pôle de compétitivité » confirmé pour 2009-2011 et bénéficieront de soutiens financiers jusqu’en 2011. Pour les pôles du groupe 2, le soutien financier sera revu en 2010, en fonction des modifications effectuées. Pour ces deux groupes, des contrats de performances établis entre l’Etat et les collectivités territoriales impliquées, fixeront le soutien financier et les objectifs pour 3 ans. Pour les pôles du groupe 3, le soutien financier est assuré jusque fin 2009, date où le label sera confirmé ou retiré en fonction du plan d’actions établi par le pôle. Aucune nouvelle labellisation de pôles n’est prévue dans les trois prochaines années, à l’exception de structures oeuvrant dans le domaine des écotechnologies. Pour les trois prochaines années, l’enveloppe globale de l’Etat reste de 1,5 milliards d’euros se répartissant entre des crédits d’animation, d’intervention et des interventions d’agences. Diaporama
Les premiers pas des partenariats public-privé européens L’entreprise commune CLEAN SKY : un partenariat public-privé ?
M. Nick PEACOCK, (Programme Executive - Rolls Royce), a présenté de matière très personnelle, quelque peu ironique et empreinte d’un humour très britannique, le point de vue d’un grand industriel sur l’Initiative Technologique Conjointe Clean Sky , un type particulier important de PPP. La présentation a souligné les difficultés qu’il y a à concilier les points de vue privés et publics dans un tel type de PPP. Clean Sky est un projet de développement très aval (par rapport aux autres JTIs) avec quasiment une obligation de résultat et des « livrables » majeurs : des démonstrateurs à grande échelle pour un « avion vert » à brève échéance, capable de maintenir la compétitivité de l’industrie européenne. Dans un tel contexte, le souci industriel d’efficacité et de rapidité dans la gestion et la prise de décision s’accommode mal du souci de la Commission de transparence, d’ouverture, et de la volonté d’une gouvernance identique pour toutes les JTIs. La présentation a souligné les difficultés et malentendus dans le dialogue entre l’industrie et la Commission, et les différences de perception entre les priorités et attitudes des uns et des autres. Clean Sky, enfanté dans la douleur, fait des premiers pas très hésitants. La présentation plaide pour une implication plus grande des états membres, une reconnaissance par toutes les parties prenantes de la nécessité de flexibilité et d’une dose de gouvernance « sur-mesure » pour atteindre les objectifs de Clean Sky établis en commun entre la Commission et l’Industrie, et pour que tous les partenaires, et notamment la Commission, visent à résoudre et finaliser les questions en suspens avant le sommet européen de l’aviation à Bordeaux le 18 novembre prochain. Le nouveau Centre européen d'expertise en matière de partenariats publics privés (Ceep) de la Banque Européenne d’Investissement
La qualité de membre de l’EPEC est strictement limitée au secteur public dans les états membres ou candidats à l’accession à l’UE et aux états associés au 7ème PCRD. L’EPEC, sous sa forme initiale, est créé pour une première phase jusqu’en 2010, après quoi un examen de la situation permettra de déterminer sa taille, sa structure et ses objectifs pour une seconde phase. L’EPEC compte aujourd’hui 22 membres et devrait atteindre 30 à fin 2008. Son personnel est issu de la BEI ou détaché par les organisations membres. A l’horizon 2010, l’EPEC devrait avoir 10 « transactionnaires » expérimentés. M. Olbers a par ailleurs développé dans une seconde partie le nouvel instrument spécifique de financement pour les infrastructures de recherche labellisées ESFRI, relavant du cadre plus général du mécanisme RSFF (Risk Sharing Finance Facility) créé avec le 7ième PCRD : l’ERCF (ESFRI Risk Capital Facility). Le ciblage particulier ESFRI vient du montant total élevé des financements nécessaires pour les infrastructures ESFRI, de l’expertise reconnue de la BEI dans le financement des infrastructures et du potentiel important offert par le RSFF pour ces infrastructures. Le mécanisme intégré de financement au moyen de l’ERCF comporte une tranche « Secteur public » couvrant les besoins du secteur public à partir des financements standards de la BEI au moyen de prêts remboursables sur des périodes de 5 à 30 ans, et une tranche « projet » remboursable en fonction des revenus générés par les projets financés. Les conditions d’utilisation de l’ERCF sont que les projets d’infrastructures s’inscrivent en cohérence avec les objectifs politiques de l’UE, que les projets d’infrastructures soient soutenus par les pays hôtes, la Commission et par ESFRI et que la valeur ajoutée de l’ERCF soit patente. Dans un projet financé à hauteur de 50% par la BEI, 20% du coût total du projet pourrait provenir du mécanisme ERCF. L’octroi de la tranche « projet » de l’ERCF reste conditionnée aux performances du projet, après que toutes les sources classiques de financement aient été utilisées. |
Un modèle de gouvernance pour le triangle de la connaissance : cas des systèmes complexes
L’étude implique une large palette de partenaires : industriels, instituts de recherche et/ou d’innovation, universités, associations, villes. Elle comporte une analyse de plus de 14 cas pertinents, l’identification de « ce qui marche bien » dans ce large échantillon (en termes de structure de gouvernance, ressources humaines et mobilité, financements, clusters, PI, transferts de technologie, clusters, programmes d’éducation) et des propositions innovantes pour intégrer ces bonnes pratiques au sein du triangle de la Connaissance. Dans cette étude le « triangle » de la Connaissance repose en fait sur un « tétraèdre » d’acteurs : l’industrie, la recherche, l’éducation et les territoires. Chacun des 4 sommets de cette cellule a sa propre vision du rôle des 3 autres et l’étude s’attache à définir le métabolisme au sein de cette cellule quadripartite. Après avoir effectué une synthèse des cas pertinents recensés en les situant dans cette perspective de cellule tétraédrique, l’étude fait des propositions (à tester et évaluer) visant à définir une vision préliminaire de ce que pourrait être une CCI dans le secteur des TIC. Ces propositions comportent 5 volets : (1) Une hybridation croisée entre le monde universitaire (prenant des initiatives industrielles de type incubateurs), l’industrie (reprenant par des initiatives de formation un rôle d’Université) et les pouvoirs publics (capables de jouer un rôle de capital-risqueurs). (2) La promotion d’une nouvelle forme d’éducation appelée Edu-Action comportant l’entreprenariat, l’interdisciplinarité et la mobilité (3) La création et l’intégration de PMEs. (4) La prise en compte d’une dimension locale/territoriale par la formation de « Centres d’Intégration Territoriale » ayant eux-mêmes 2 composantes : Innovation & Education. (5) L’intégration au niveau européen de tous ces volets au sein d’une CCI. Contact : Eric-Olivier PALLU - Conseiller (science et technologie - groupe recherche, CREST, COST, EUREKA) NB : les liens figurant dans cette page sont proposés par la Rédaction d’EUROSFAIRE. |