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SEMINAIRE DE « CONSULTATION DES ETATS ASSOCIES ET DES ETATS TIERS » AU SUJET DE LA STRATEGIE DE COOPERATION INTERNATIONALE DE L’ESPACE EUROPEEN DE LA RECHERCHE

Représentation Permanente de la France – Bruxelles – 8 septembre 2008




Le lundi 8 septembre 2008, s’est tenu à Bruxelles, le troisième séminaire « Recherche » organisé par la Présidence française de l’Union européenne, sur le thème d’une stratégie de coopération internationale pour l’Espace européen de la recherche (EER). Il a réuni 65 participants représentant 18 Etats membres et 17 pays non membres. Son objectif était de lancer des consultations vis-à-vis des Etats associés et de certains Etats tiers au septième programme-cadre pour la recherche et le développement technologique (7e PCRD), dans le but d’amorcer des discussions au sein du Conseil de l’Union européenne sur la stratégie de coopération internationale de l'EER. Les intervenants représentaient soit un groupe d’Etats (pays associés, pays les plus industrialisés) soit de grands Etats partenaires (Afrique du Sud, Fédération de Russie, République populaire de Chine, République du Mexique).

 

Après ouverture du séminaire par la Présidence française, Mme Mary Minch (Directrice à la Direction Générale Recherche de la Commission européenne), a exposé la vision de la coopération scientifique internationale de la Commission, ainsi que les objectifs stratégiques qui devraient soutenir la dimension internationale de l’EER. Elle a notamment souligné le besoin d’une collaboration plus étroite entre niveau national et niveau communautaire, afin de renforcer les activités de coopération internationale. Elle a rappelé l’importance d’une approche plus volontariste pour définir les priorités scientifiques et technologiques à l'échelle mondiale, ainsi que la nécessité de parvenir à une position commune de l'Europe sur les questions en matière de coopération avec des partenaires extérieurs.

M. Balz Abplanap (Confédération helvétique), représentant les Etats membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE/EFTA : Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse) a présenté les vues et commentaires de l’AELE sur la stratégie de coopération internationale de l’EER. Il a tout d’abord rappelé que les pays de l’AELE sont des pays particulièrement actifs dans le domaine de la recherche qui partagent une vision commune au sujet de l’EER, en dépit de priorités thématiques hétérogènes. Les pays de l’AELE ont participé activement au 6e PCRD. Ils ont en effet atteint un taux de participation de 4.6 % (4.9 % des financements totaux). Les pays de l’AELE sont certes fortement intégrés dans l’EER, mais expriment leur crainte d’être exclus de la réflexion, au sujet de la stratégie de coopération internationale des 27 Etats membres. Les pays de l’AELE proposent un partenariat flexible pour tenter de définir des stratégies communes. M. Balz Abplanap a finalement émis plusieurs suggestions en vue d’améliorer la coopération entre l’AELE et les Etats membres. Il a notamment préconisé de prendre en compte plus systématiquement les besoins spécifiques des pays associés dans les nouvelles initiatives et a suggéré de faire évoluer les règles de participation, pour permettre aux pays associés de mieux participer.

Mme Patricia Ockwell (Canada) représentant les pays les plus industrialisés (Australie, Canada, Corée du Sud,  Etats-Unis, Japon, et Nouvelle-Zélande), a souligné la collaboration scientifique entre les pays les plus industrialisés et l’UE. Chaque pays a ses propres secteurs de priorités et de nombreux accords bilatéraux sont mis en œuvre entre les pays industrialisés et les Etats membres, particulièrement avec l’Allemagne et la France. Les Etats-Unis se retrouvent en tête, au niveau de la participation aux programmes-cadre, suivis du Canada et de l’Australie. La collaboration s’effectue dans de nombreux domaines : ouverture vers le PCRD aux pays tiers, bourses Marie Curie, experts évaluateurs, etc. Parmi les principaux défis qu’il reste à relever, on compte à la fois le manque de flexibilité, ainsi que la nécessité de prendre en compte l’échelon régional. Elle a finalement souligné les enjeux auxquels l’UE doit faire face pour consolider et améliorer la collaboration scientifique avec les pays les plus industrialisés et qui sont : prévoir un forum informel afin de promouvoir les échanges avec les pays industrialisés qui pourraient se réunir jusqu’à quatre fois par an, ouvrir l’EER au monde entier, améliorer la synchronisation de recherche entre les partenaires et intensifier les échanges d’informations. 

Diaporama

M. Daan du Toit, représentant de l’Afrique du Sud, a présenté les perspectives de son pays sur le développement de la stratégie de coopération internationale de l’EER. L’Europe est un  partenaire clé pour l’Afrique du Sud. Le 25 juillet 2008, s’est tenu à Bordeaux le premier sommet entre l’Union européenne et l’Afrique du Sud, durant lequel l'importance de la coopération scientifique a été soulignée ; Cf. Sommet Union européenne-Afrique du Sud. L’Afrique du Sud participe activement au Programme Cadre : 250 participations aux PCRD 4 à 6, et déjà plus de 60 participations au 7e  PCRD, notamment dans les domaines couvrant la santé, l’environnement et les biotechnologies. Sa participation doit être encore consolidée dans les domaines de l’énergie, des NMP, des transports, de l’aéronautique et dans le cadre EURATOM. M. Daan du Toit a poursuivi en formulant quelques recommandations, afin d’améliorer la coopération : identifier clairement des priorités R&D communes, mieux coordonner les instruments et établir une approche stratégique régionale. Il ressort pour M. Daan du Toit que la coopération internationale S&T devrait intégralement faire partie du développement de l’EER et être plus étroitement liée à la politique extérieure de l’Union.


M. Grigory Sumkin, représentant de la Fédération de Russie, a rappelé l’existence d’une coopération scientifique étroite importante entre l’UE  et la Russie. En effet, depuis 1991, les scientifiques russes collaborent avec leurs confrères de l'UE et la Russie participe activement au  PCRD. De surcroît, les deux parties renforcent leurs liens par une série d’appels conjoints pour des projets cofinancés, notamment dans le domaine des nanotechnologies. Il a souligné les avantages d'une coopération scientifique internationale pour les deux parties. Concernant l’association de la Russie au 7e PCRD dans le contexte politique actuel, il a, à mots couverts, exprimé quelques doutes sur l’intérêt de son pays à poursuivre les négociations avec l’UE. Il a enfin rappelé l’importance d’organiser des consultations régulières entre pays partenaires et a suggéré d’allier à ces réunions, chercheurs et scientifiques, afin de renforcer les liens entre la Fédération russe et l’UE dans le domaine de la recherche.


M. Han Jun, représentant de la République populaire de Chine, a mis en exergue la coopération scientifique et technologique entre la Chine et l’Union Européenne. Depuis 30 ans, la Chine et l'UE conjuguent leurs efforts pour favoriser le dialogue et la coopération. En effet, plus de 600 projets de coopération ont été réalisés et ont mobilisé quelque 4.000 scientifiques. De plus, la Chine manifeste une participation active au 7e  PCRD en collaborant à  plus de 60 projets. M. Han Jun a ensuite souligné la nécessité de renforcer la coopération S&T entre la Chine et l’UE, particulièrement sur les questions de politique scientifique prioritaires, tels que la recherche fondamentale, les biotechnologies, l’environnement, etc.  Il a enfin mis l’accent sur l’importance de cerner les possibilités de coopération sur de grands projets scientifiques et de multiplier les séminaires bilatéraux / multilatéraux et forums de haut niveau, afin de renforcer la relation de partenariat stratégique entre la Chine et l’UE. Il a enfin vivement regretté le fait que la Chine ne puisse plus participer au programme européen Galileo.


M. Jesùs Velázquez, représentant de la République du Mexique, a présenté la Coopération Scientifique et Technologique entre le Mexique et l’Union européenne. Il a tout d’abord rappelé que, depuis 25 ans, existe une forte tradition d’échanges et de collaboration entre chercheurs européens et mexicains, soutenue par de nombreux accords et programmes d’échanges et de formation bilatéraux entre le Mexique et les Etats membres de l’UE. Pas moins de 70% des chercheurs mexicains auraient en effet été formés en Europe et 17 accords liés à la RDT ont été conclus entre les deux parties. Nonobstant cette forte collaboration entre les communautés scientifiques et académiques d’Europe et du Mexique, on constate en 2006 une faible participation des équipes mexicaines au 6e PCRD. Plusieurs facteurs explicatifs sont à son l’origine : manque d’information sur l’EER, manque de ressources humaines qualifiées, faible taux de réussite (5%) aux appels à projets, complexité des mécanismes du PCRD et absence de stratégie de soutien à ce type de coopération. M. Jesùs Velázquez a finalement mis en évidence les actions spécifiques et de soutien qui doivent être entreprises pour mobiliser la communauté scientifique et technologique du Mexique et de l’UE, en vue de promouvoir la coopération scientifique et technologique entre ces deux parties.


Pour en savoir plus :

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Contact : Eric-Olivier PALLU - Conseiller (science et technologie - groupe recherche, CREST, COST, EUREKA)

NB : les liens figurant dans cette page sont proposés par la Rédaction d’EUROSFAIRE.